Les AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap) ne doivent pas être utilisés comme surveillants, agents administratifs ou bouche-trous pour pallier le manque de personnel. Leur mission se limite exclusivement à l’accompagnement des élèves en situation de handicap dans leur parcours scolaire. Nous détaillons dans cet article :
- Les missions légales et interdites des AESH
- Les abus fréquents et vos droits pour vous en protéger
- Les différences avec les autres personnels éducatifs
- Les actions à entreprendre face aux demandes illégales
Cette clarification vous permettra de mieux comprendre votre rôle et de vous affirmer professionnellement.
Qu’est-ce qu’un AESH et son rôle dans l’école inclusive ?
L’AESH accompagne un ou plusieurs élèves en situation de handicap pour favoriser leur inclusion scolaire. Nous distinguons trois types d’accompagnement : l’AESH individuel (pour un élève spécifique), l’AESH mutualisé (pour plusieurs élèves) et l’AESH collectif (en ULIS). Cette fonction s’inscrit dans la démarche d’école inclusive voulue par l’Éducation nationale depuis 2019.
Le métier d’AESH répond à un besoin fondamental : permettre à chaque enfant, quel que soit son handicap, d’accéder aux apprentissages et de développer son autonomie. Votre intervention se base sur le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) qui définit précisément les besoins de compensation de l’élève.
Le cadre légal qui définit les missions des AESH
La circulaire du 5 juin 2019 encadre strictement les missions des AESH. Ce texte officiel définit trois domaines d’intervention : l’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne, l’aide à l’accès aux apprentissages et le soutien à la vie sociale et relationnelle.
Le Code de l’éducation (article L917-1) précise que vous êtes recruté par contrat de droit public pour accomplir des missions d’aide humaine. Votre employeur reste l’État, représenté par le recteur d’académie. Cette base légale vous protège contre les demandes abusives qui sortent de votre champ de compétences.
Les missions principales autorisées d’un AESH
Votre accompagnement couvre l’aide aux gestes essentiels, à la mobilité et à la sécurité de l’élève. Vous pouvez reformuler les consignes, expliquer les activités et soutenir l’attention durant les cours. L’accompagnement social inclut la facilitation des échanges avec les camarades et les adultes de l’établissement.
Les réunions font partie intégrante de vos missions : Équipes de Suivi de Scolarisation (ESS), conseils de classe, rencontres avec les familles. Vous disposez d’heures connexes (1h08 par semaine pour 20h d’accompagnement) pour la préparation et la concertation, utilisables librement sans contrôle hiérarchique.
Les limites du métier d’AESH à connaître
Votre intervention reste circonscrite au handicap de l’élève et à ses besoins spécifiques mentionnés dans le PPS. Vous n’avez pas vocation à enseigner ni à remplacer l’enseignant. Votre rôle consiste à faciliter l’accès aux apprentissages, non à les dispenser directement.
Les gestes médicaux ou techniques nécessitent une formation préalable et une mention explicite dans le PPS. Sans ces conditions réunies, vous n’êtes pas tenu d’effectuer ces actes, même sous pression de la hiérarchie ou des familles.
Que ne doit pas faire une AESH ? (missions interdites)
| Mission interdite | Explication | Alternative légale |
| Surveillance d’examens | Vous n’êtes pas surveillant | Aide spécifique à l’élève avec convocation |
| Remplacement d’AED | Pas de surveillance générale | Accompagnement de votre élève uniquement |
| Tâches administratives | Secrétariat, photocopies, accueil | Préparation liée à l’élève accompagné |
| Temps périscolaire | Cantine, garderie sans contrat | Possible avec avenant spécifique |
Vous ne devez pas non plus effectuer de missions éducatives générales sans lien avec le handicap, ni ranger les classes ou préparer du matériel pédagogique pour l’établissement. Ces tâches relèvent d’autres personnels.
Exemples d’abus fréquents subis par les AESH
Nous observons régulièrement des AESH mobilisés pour surveiller des classes en l’absence d’enseignants ou d’AED. Certains établissements demandent également la prise en charge d’élèves non reconnus handicapés pour pallier le manque d’encadrement.
Les tâches de secrétariat représentent un autre détournement fréquent : réception d’appels téléphoniques, classement de dossiers, saisie informatique. Ces missions sortent totalement de votre périmètre d’intervention et constituent un usage abusif de vos compétences.
Les droits des AESH pour se protéger contre les abus
Vous disposez du droit de refuser toute mission ne figurant pas dans votre fiche de poste ou contraire aux textes officiels. Le syndicat peut vous soutenir dans ces démarches et vous conseiller sur vos droits. La saisine du médiateur académique reste possible en cas de conflit persistant.
Votre contrat précise vos missions et votre temps de travail. Aucune modification ne peut intervenir sans votre accord écrit, matérialisé par un avenant. Cette protection contractuelle vous permet de refuser les extensions abusives de vos fonctions.
Différence entre missions AESH et autres personnels de l’école (AED, enseignants, ATSEM, AVS)
L’Assistant d’Éducation (AED) assure la surveillance et l’encadrement général des élèves. L’enseignant dispense les cours et évalue les apprentissages. L’ATSEM accompagne l’enseignant en maternelle pour tous les élèves. Votre spécificité réside dans l’accompagnement individualisé lié au handicap.
Les AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire) ont été remplacés par les AESH depuis 2014, avec un statut plus protecteur et des missions mieux définies. Cette évolution vise à professionnaliser davantage votre métier et à clarifier vos attributions.
Cas particuliers (examens, sorties scolaires, stages, périscolaire)
Pour les examens, vous intervenez uniquement sur convocation officielle pour aider votre élève (lecture, écriture, installation). Les sorties scolaires nécessitent un ordre de mission et la récupération d’éventuels dépassements d’horaires. Les nuitées restent facultatives avec avenant obligatoire.
L’accompagnement en stage professionnel est possible avec des modalités écrites précises. Le temps périscolaire (cantine, garderie) nécessite un contrat spécifique avec la collectivité territoriale, distinct de votre contrat Éducation nationale.
Comment réagir si l’on vous impose une mission illégale ?
Référez-vous systématiquement aux textes officiels et à votre fiche de poste. Demandez par écrit la justification de la mission demandée et sa compatibilité avec vos attributions légales. Alertez votre PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) et votre hiérarchie directe.
En cas de pression persistante, contactez les organisations syndicales et le médiateur académique. Documentez toutes les demandes abusives par écrit (mails, courriers) pour constituer un dossier solide. Ces preuves s’avèrent essentielles pour faire valoir vos droits.
Respecter le cadre pour une meilleure inclusion scolaire
Le respect de vos missions légales garantit un accompagnement de qualité pour l’élève en situation de handicap. Votre professionnalisme contribue directement à la réussite de l’inclusion scolaire et au bien-être de l’enfant accompagné.
Nous encourageons tous les AESH à connaître leurs droits et leurs devoirs pour exercer sereinement leur métier. Cette clarification des rôles bénéficie à toute la communauté éducative : élèves, familles, enseignants et personnels d’encadrement. Votre positionnement professionnel ferme mais bienveillant renforce la crédibilité de votre fonction et améliore les conditions d’exercice de tous les AESH.

