Maryse Éwanjé-Épée reste une figure emblématique de l’athlétisme français, détentrice du record national du saut en hauteur pendant 24 ans. Née en 1964 à Poitiers, cette athlète d’exception a marqué son époque par ses performances exceptionnelles et sa reconversion réussie dans les médias. Son parcours illustre parfaitement la trajectoire d’une sportive de haut niveau qui a su transformer sa passion en vocation durable.
Découvrons ensemble :
- Son enfance multiculturelle et ses débuts précoces dans l’athlétisme
- Ses records nationaux et ses participations olympiques marquantes
- Sa formation universitaire aux États-Unis et ses succès NCAA
- Sa reconversion médiatique et son engagement associatif
- Son héritage familial et son influence sur les nouvelles générations
Enfance et origines
Maryse Éwanjé-Épée voit le jour le 4 septembre 1964 à Poitiers, dans une famille où le sport et la culture occupent une place centrale. Dès l’âge de 8 ans, elle découvre l’athlétisme à Aubière, révélant rapidement des aptitudes naturelles pour les disciplines techniques. Sa passion naissante pour le saut en hauteur se développe progressivement, guidée par un environnement familial propice au dépassement de soi.
À 11 ans, elle rejoint le Montpellier Université Club et débute la compétition sous la houlette de Dominique Biau, entraîneur qui l’accompagnera pendant une décennie cruciale. Cette période formatrice lui permet d’explorer différentes disciplines avant de se spécialiser définitivement dans le saut en hauteur.
Famille et héritage culturel
L’identité de Maryse puise ses racines dans un métissage riche : fille de Charles Éwanjé-Épée, musicien camerounais, et d’une mère française d’origine espagnole. Cette diversité culturelle forge sa personnalité et lui apporte une ouverture d’esprit qui transparaîtra tout au long de sa carrière.
Troisième d’une fratrie de quatre sœurs (Munia, Nadine et Monique), elle grandit dans un environnement où l’excellence sportive est valorisée. Sa sœur cadette Monique deviendra championne d’Europe du 100 mètres haies, tandis que Munia s’engagera dans la vie politique. Cette émulation familiale contribue indéniablement à forger son caractère combatif.
Carrière sportive et records nationaux
L’ascension de Maryse Éwanjé-Épée culmine en 1983 lorsqu’elle établit le record de France du saut en hauteur à 1,96 mètre, une performance qui résistera 24 années. En salle, elle franchit 1,95 mètre, démontrant une régularité remarquable dans les deux environnements de compétition.
Entre 1982 et 1996, elle accumule les titres de championne de France, tant en salle qu’en plein air. Sa polyvalence initiale lui permet également de briller sur 100 mètres haies et en heptathlon, révélant des qualités athlétiques exceptionnelles. Cette diversité technique enrichit considérablement son bagage sportif et lui confère une compréhension globale de l’athlétisme.
Compétitions internationales et participations aux Jeux olympiques
Ses performances internationales confirment son statut d’athlète d’élite. Aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984, elle termine au pied du podium (4ème place), performance remarquable pour une athlète de 20 ans. Quatre ans plus tard à Séoul, elle se classe 10ème malgré un contexte plus difficile.
Sur la scène européenne et mondiale, elle collectionne les médailles : argent et bronze aux Championnats d’Europe indoor, or aux Jeux méditerranéens, bronze à l’Universiade. Ces résultats témoignent de sa constance au plus haut niveau pendant plus d’une décennie. Avec 43 sélections en équipe de France entre 1981 et 1996, elle incarne la fidélité aux couleurs nationales.
Formation universitaire et études aux États-Unis
En septembre 1984, Maryse franchit l’Atlantique pour étudier le journalisme à l’Université de l’Arizona. Cette expérience américaine s’avère déterminante, tant sur le plan académique que sportif. En 1985, elle devient vice-championne NCAA et établit un record (1,96 m) qui tiendra jusqu’en 1992.
Cette période lui permet d’acquérir une formation solide en journalisme et marketing-communication, compétences qui s’avéreront précieuses pour sa reconversion. L’environnement universitaire américain, avec sa culture du sport-études, lui offre un modèle d’équilibre entre performance sportive et excellence académique.
Blessures, fin de carrière et retraite sportive
Les dernières années de sa carrière sont marquées par les blessures, notamment une rupture du tendon d’Achille en 1995 et une polyarthrite qui limite ses capacités. Ces problèmes physiques l’empêchent de se qualifier pour les Jeux olympiques de 1992 et 1996, frustrations majeures pour une compétitrice de son calibre.
Elle officialise sa retraite sportive en 1996, après quinze années au sommet de l’athlétisme français. Cette décision, bien que difficile, lui permet d’envisager sereinement sa reconversion professionnelle, forte de son expérience médiatique naissante et de sa formation universitaire.
Reconversion dans les médias et le journalisme
Dès 1992, Maryse entame sa transition vers les médias en devenant consultante télévisuelle. Sa expertise technique et sa connaissance intime du milieu athlétique séduisent rapidement les chaînes spécialisées. Elle collabore successivement avec Eurosport, Canal+, RMC, BFM Sport et France Télévisions.
Depuis 2024, elle occupe le poste de chroniqueuse sportive sur la chaîne l’Équipe, confirmant sa légitimité dans le paysage médiatique français. Sa capacité à vulgariser les aspects techniques tout en apportant un regard d’insider fait d’elle une référence incontournable lors des grands événements athlétiques.
Engagement dans le sport, l’organisation d’événements et les associations
Entre 1997 et 2002, elle exerce les fonctions de responsable des sports à Noisy-le-Grand, organisant notamment un meeting international. Cette expérience lui permet d’appréhender les enjeux organisationnels et de développer son réseau dans le milieu sportif local.
Son engagement associatif s’articule autour de la promotion de l’athlétisme auprès des jeunes et de la défense des valeurs olympiques. Elle participe régulièrement à des événements caritatifs et des actions de sensibilisation, perpétuant ainsi sa mission éducative au-delà de sa carrière d’athlète.
Publications, chroniques et interventions médiatiques
Auteure de plusieurs ouvrages, Maryse Éwanjé-Épée a notamment publié un livre technique sur le saut en hauteur et une biographie de Jesse Owens en 2016. Ces publications témoignent de sa volonté de transmettre son savoir et de célébrer l’histoire de l’athlétisme.
Ses chroniques régulières et ses interventions lors des grands championnats en font une voix respectée du journalisme sportif. Sa maîtrise de trois langues (français, anglais, espagnol) élargit considérablement son champ d’intervention et renforce sa crédibilité internationale.
Vie personnelle et langues parlées
Mariée en 1988 au commentateur sportif Marc Maury, elle devient mère de quatre enfants : Mélissa, Tanya, Maïa et Mikka. Bien que divorcée en 2007, elle maintient un équilibre entre sa vie professionnelle intense et ses responsabilités familiales.
Sa maîtrise du français, de l’anglais et de l’espagnol reflète son ouverture culturelle et facilite ses interventions dans un contexte international. Cette polyglottie constitue un atout majeur dans ses fonctions médiatiques actuelles.
Héritage, influence et rôle d’inspiration
L’héritage de Maryse Éwanjé-Épée dépasse largement ses performances sportives. Icône de l’athlétisme français, elle incarne la réussite d’une reconversion exemplaire et inspire les nouvelles générations d’athlètes. Sa trajectoire démontre qu’excellence sportive et accomplissement professionnel peuvent se conjuguer harmonieusement.
Son influence familiale perdure : sa nièce Adèle Charvet s’illustre comme mezzo-soprano, prouvant que l’excellence artistique traverse les générations. Cette continuité témoigne de valeurs transmises et d’un environnement familial propice à l’épanouissement des talents individuels.

